Maroc Salaires fonction publique: Pas d’augmentation dans l’immédiat

Publié le par Jamal Eddine HERRADI

· Les syndicats réclament les accords conclus avec Jettou

· Une réponse du gouvernement vers fin mars!


Va-t-il y avoir une augmentation générale des salaires dans la fonction publique et les collectivités locales? «La question est certes posée parce que c’est l’une des principales revendications syndicales, mais il est encore très tôt pour se prononcer sur le sujet», a affirmé à L’Economiste une source gouvernementale proche du dossier. «Le Premier ministre a reçu les cinq centrales syndicales les plus représentatives qui lui ont présenté leurs cahiers revendicatifs et deux commissions interministérielles planchent actuellement sur l’examen de l’ensemble des revendications» , ajoute notre source.

En plus clair, «aucune décision d’augmentation des salaires ne sera prise dans les semaines prochaines». En outre, «il est techniquement difficile de décider du jour au lendemain d’une augmentation des salaires avec effet  mmédiat, la loi de Finances pour l’année 2008 étant déjà entrée en vigueur». En tout cas, rendez-vous a été  donné le 15 mars prochain aux syndicats par le Premier ministre en personne. En fait, les centrales syndicales réclament d’abord «la mise en application des termes de l’accord passé avec l’ex-Premier ministre, Driss Jettou, en avril 2007», indique Mohamed Hakech, secrétaire général adjoint de l’Union syndicale des fonctionnaires (USF-UMT). Le précédent gouvernement avait, en effet, envisagé «une revalorisation des salaires de 2% à partir de  janvier 2008», une proposition basée sur la moyenne des taux d’inflation enregistrés au cours des 10 dernières années. Seulement, son entrée en vigueur n’est certainement pas pour bientôt, constate avec amertume notre interlocuteur. Et d’ajouter qu’il est temps «de mettre fin à cette question en instaurant une échelle mobile des salaires pour que nous puissions, nous syndicats, nous libérer pour des tâches d’encadrement des salariés et de meilleurs rendements»

Il faut dire que 700.000 salariés de la fonction publique et des collectivités locales sont concernés. Quelque 2.000 parmi eux étaient d’ailleurs, hier une heure durant en sit-in, devant le ministère de la Modernisation des services publics. Ils ont, par cette manifestation, voulu donner un «message au gouvernement» à l’occasion du 50e   anniversaire de la promulgation du statut de la fonction publique (24 février 1958). Depuis l’année dernière (sous le
gouvernement Jettou), la réforme du statut de la fonction publique est à l’ordre du jour. Toutes les centrales syndicales s’accordent à dire qu’«il est devenu obsolète, inadapté à l’évolution sociale du pays et ne permet plus aux fonctionnaires de prétendre à une amélioration de leurs conditions matérielles». Mais personne ne s’y trompe: il y avait autre chose derrière l’organisation du sit-in. Les syndicats ont-ils voulu faire pression sur le gouvernement pour le pousser à respecter le principe de la continuité de l’action de l’Etat (ndlr: mettre en application les accords passés avec Jettou)? Ou encore, profitent-ils de la grogne sociale pour se refaire une santé, les élections pour le renouvellement des représentants des salariés et aussi pour la Chambre des conseillers étant prévues pour 2009.

Concessions

De nombreux dossiers soulevés avec le précédent gouvernement et non achevés font l’objet d’un intérêt particulier du cabinet El Fassi, assure-t-on. En premier lieu, l’augmentation du Smig. Les syndicats demandent à ce qu’il soit porté à 3.000 DH. «Ce sera difficile», assure-t-on même si «le gouvernement est pour une amélioration des bas revenus». «Un premier pas a été franchi avec la baisse de l’IR qui a coûté 2,5 milliards de DH». Mais cela reste insuffisant, estime-t-on dans le milieu syndical.



Jamal Eddine HERRADI

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