Les habitants de la vallée de Ghriss demandent leur barrage

Publié le par presse

Al Bayane 24 12 2008

Pour sortir leur région de la pauvreté : Les habitants de la vallée de Ghriss demandent leur barrage

Après les crues violentes et dévastatrices de l’automne 1965 des oueds Ziz Et Ghériss,crues qui avaient causé des dégâts matériels considérables en vies humaines et pour le cheptel, les pouvoirs publics prirent la décision d’édifier un premier barrage sur le Ziz, lequel serait suivi par celui sur le Ghériss.
Cette sage décision était inscrite dans la voie tracée et éclairée de Feu Hassan II qui avait saisi la portée stratégique et combien salutaire de la construction des barrages. Les adversaires d’hier de cette politique reconnaissent aujourd’hui bien volontiers la justesse de cette option dont notre pays cueille, cinquante ans plus tard, encore les fruits. Bien des pays voisins, autour de la Méditerranée, envient la situation du Maroc en cette matière.
Si le barrage Hassan Addakhil sur le Ziz a fait ses preuves et amplement justifié sa réalisation en matière d’irrigation de l’agriculture et de sécurisation des populations face aux inondations catastrophiques qui surviennent régulièrement, les habitants de la vallée de Ghriss se demandent avec étonnement pourquoi le barrage de Ghriss tarde-t-il à voir le jour alors que des études avaient été faites depuis 1969 ?
Ces habitants qui vivent dans la précarité absolue, comme en témoigne le rapport du Haut commissariat au plan qui place ces communes en tête des plus pauvres du Royaume, pensent à juste titre que la construction d’un barrage dans leur vallée leur ouvrirait les voies au décollage socio-économique. Il permettrait de développer l’agriculture en garantissant l’irrigation des palmeraies durement éprouvées par plusieurs années de sécheresse et en permettant l’extension des terres cultivables. Il les protégerait aussi des inondations et des crues qui emportent leurs modestes cultures et leur cheptel. Cet ouvrage mobilisera jusqu’à 120 millions de m3 par an avec les eaux pérennes des sources de la vallée. Les apports annuels peuvent aller, en année pluvieuse, jusqu’à plus de 200 millions de m3. Le débit maximum enregistré en 1965 a atteint 1813 m3/seconde.
Les études précitées préconisent l’édification d’un barrage-voûte, à 500m en amont de la source bleue dite Aghbalou n’Oumssed , site pour lequel les analyses géologiques de profil sont concluantes, le coût de réalisation étant peu élevé et les délais d’achèvement très courts.
Face à ces données, on ne peut que s’étonner de la réponse négative de Mme la ministre de l’Energie et des mines sur la fiabilité du site, à la question d’un membre de la Chambre des conseillers. Les études préliminaires ont analysé trois profils dont un est jugé non fiable. Il s’agit de celui du site situé à 1 km en aval du Ksar Timezguite. Serait-il celui sur lequel a porté la réponse de Mme la Ministre? On est alors en droit de se demander pourquoi spécialement celui-là et pas les deux autres? De toutes les manières, les géologues sont unanimes à penser que la partie de la vallée en amont de la source d’Amssed présente une structure géologique favorable à ce genre d’ouvrage. A moins que d’autres raisons, que nous ignorons soient derrière cette réponse déguisée. Pour les adversaires de ce projet, sous prétexte qu’un canal de dérivation est construit à plus de 140 km en aval du site préconisé,nous voudrions leur répondre que le projet ne vise que les eaux d’une faible partie du bassin versant de l’oued Ghriss et que celles des affluents et des oueds Ferkla et Todrha échapperont au captage et pourraient être utilisées en aval. Par ailleurs l’argument selon lequel la construction d’un barrage en amont aurait une incidence négative sur le débit des résurgences en aval est sans fondement, toujours selon les mêmes études.
Après les dernières inondations catastrophiques qu’a connues notre région et les dégâts enregistrés, nous osons espérer que les responsables prêteront une oreille attentive à la demande de plus de 5000 signataires en faveur de ce projet. Cette demande est déposée à la Primature et auprès des départements et responsables concernés. Notre ardent souhait est que la visite Royale tant attendue et annoncée dans la région soit l’occasion pour l’annonce de ce projet qui remplira de joie et d’espoir le coeur des populations.
 Moha Oustouh,ingénieur agronome, fils de la vallée de Ghriss

 


 

 

Entreprises et accès à l’information : l’enquête CMF MENA : Administration : bouche presque cousue

Les conclusions de l’enquête diligentée par le «Centre for media Freedom, Middle East and North Africa» (CMF MENA), concernant les entreprises privées et l’accès à l’information publique au Maroc, sont accablantes pour l’administration marocaine. La majorité des entreprises pensent que les informations qu’elles reçoivent des ministères et administrations sont soit incomplètes, soit non actualisées, inutiles, non fiables ou non exploitables.
Présentée lundi à Casablanca devant la presse par le directeur du CMF MENA, Saïd Essoulami, l’enquête étale les difficultés rencontrées par les entreprises lorsqu’elles demandent de l’information auprès de l’administration publique, répertoriées comme suit: difficulté à identifier la source administrative de l’information; les informations reçues sont incomplètes; les réponses aux demandes d’information arrivent tardivement; les informations demandées ne sont pas disponibles; les responsables ne sont pas disponibles; pas d’assistance par l’administration pour localiser la source d’information; refus par l’administration de délivrer l’information; traitement de la demande de l’information lourd et coûteux.
Ceci étant, alors que l’Etat est le premier producteur de l’information économique. Aussi, recommande Saïd Essoulami, les pouvoirs publics doivent-ils adopter une loi sur le droit d’accès à l’information «qui obligera l’administration marocaine à organiser son système d’information et servir les entreprises sans discrimination ou rétention».
L’enquête rappelle que plus de 88 pays ont déjà adopté des lois de ce genre, parmi eux un seul pays arabe, la Jordanie, en 2007. L’intérêt d’une telle loi, c’est de garantir plus de transparence dans la gestion administrative des données économiques et d’équité dans leur diffusion.

La CGEM aussi...

Autre conclusion concernant les services de la CGEM, 273 entreprises sur 297 ont déclaré qu’elles n’utilisent pas les services d’informations de cette Confédération.
Il faut dire que c’est la première fois qu’une telle enquête est réalisée non seulement au Maroc, mais aussi en Afrique et dans le monde arabe. Au moins, elle informe sur un domaine où l’information se révèle capitale, sur ses problèmes handicapant l’entreprise marocaine et sur les attentes des professionnels. Elle a été menée dans sept secteurs, à savoir le bâtiment, le textile, les TIC, les finances, l’énergie, l’agro-alimentaire et le tourisme. Quelque 300 entreprises y ont participé. Comme recommandations, elle propose à l’Etat, entre autres, de mieux organiser l’accès à l’information, former le personnel administratif nécessaire, introduire plus de transparence et se doter d’entités spécialisées dédiées à la gestion de l’information, rappelant que «l’information est pourtant largement publique, et elle est primordiale pour toutes activités économiques».
Le CMF MENA, constitué en 1998 à Londres, puis ayant transféré ses opérations à Casablanca, est un centre indépendant de recherche et de plaidoyer pour la libertés des médias, du droit à l’information et la communication audiovisuelle dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord.
A. Jamali


 

L’entreprise privée et l’accès à l’information publique au Maroc : Les informations reçues sont soit incomplètes soit inutiles

«Les entreprises privées ne sont pas satisfaites de la qualité de l’information économique qu’elles reçoivent de l’administration publique marocaine et demandent à l’Etat une loi sur le droit d’accès à l’information.» Telle est la conclusion du nouveau rapport publié aujourd’hui par le CMF MENA sur l’entreprise privée et l’accès à l’information au Maroc.
Le rapport est basé sur une enquête par questionnaire réalisée le mois de septembre et octobre 2008, et qui a concerné 300 entreprises localisées à Casablanca et opérantes dans 7 secteurs économiques.
Le rapport donne un aperçu sur la manière dont les entreprises demandent l’information dont elles ont besoin, les types d’informations quelles recherchent, les problèmes qu’elles rencontrent avec l’administration, et le jugement qu’elles portent sur ces informations.
Le rapport analyse aussi la capacité de l’entreprise de gérer son propre system de collecte et de traitement de l’information.
Il relate aussi l’avis de plusieurs hauts cadres de l’administration publique sur la question de la production et la diffusion de l’information par l’Etat.
Le rapport révèle que :• 91,7% des entreprises pensent que les informations qu’elles reçoivent des ministères et administrations ne sont pas complètes;
• 77,3% des entreprises pensent que ces informations ne sont pas actuelles;
• 70% des entreprises pensent que ces informations ne sont pas utiles.
Les entreprises rencontrent de nombreux obstacles lors de la demande de l’information :
• La difficulté à identifier la source administrative de l’information a été 111 fois citée représentants 21,94 % des citations;
• Les informations reçues sont incomplètes, cité 82 fois (16,21%);
• Les réponses aux demandes d’information arrivent tardivement, cité 77 fois (15,2%)
• Les informations demandées ne sont pas disponibles, cité 64 fois (12,65%);
Les entreprises ont recommandé plusieurs solutions aux autorités publiques afin que celles-ci puissent leur faciliter l’accès à l’information :
• Les ministères et les administrations de tutelles doivent publier toute l’information appropriée sur leurs sites web : cité 197 fois soit 34,02% de l’ensemble des citations;
• Les ministères et les administrations doivent organiser mieux l’accès à l’information pour les entreprises, cité 102 fois (17,62%).
• L’Etat doit former le personnel administratif chargé de la communication à mieux répondre aux demandes des entreprises, cité 87 fois (15,03%);
• Les ministères et les administrations doivent introduire plus de transparence dans la diffusion de l’information, cité 73 fois (12,61%)
• Les ministères et administrations doivent se doter de moyens humains et matériels nécessaires pour la gestion de l’information, cité 63 fois (10,88%)
• Les ministères et administrations doivent se doter d’entités spécialisées dédiées à la gestion de l’information, cité 57 fois (9,84%).
«L’enquête a démontré sans nuances que les entreprises marocaines souffrent de nombreux problèmes liés essentiellement à la difficulté d’accès à l’information publique et à la pauvre qualité de cette information» a commenté Said Essoulami, directeur du CMF MENA et auteur du rapport.
«Il est primordial pour le développement de l’entreprise marocaine que l’Etat puisse diffuser toute l’information publique fiable et exploitable et ceci ne pourra être possible que par une loi qui garantit le droit d’accès à l’information qui doit être adoptée sans tarder. Et il est étonnant de savoir que l’Etat marocain résiste encore à l’adoption d’une loi sur l’accès à l’information au moment ou 88 pays ont déjà des lois pareilles en vigueur» ajoute-t-il.

 


 

 

 

AujourdHui le maroc 24 12 2008

Le directeur d'Annahar Al Maghribia condamné à 500.000 DH d'amende

Le tribunal de première instance de Casablanca a condamné, lundi 22 décembre, à une amende de 500.000 de dirhams le directeur de publication du quotidien Annahar Al Maghribia, Abdelhakim Badii pour diffamation à l'encontre du directeur de publication du journal Al Masaâ, Rachid Niny. Cette amende se répartit entre 450.000 de dirhams pour le plaignant et 50.000 de dirhams pour la Trésorerie du Royaume.

 

Al Jarida Al Oula : Deux journalistes condamnés à 60.000 DH de dommages et intérêts

Le tribunal de 1-ère instance de Casablanca a condamné, lundi 22 décembre, le directeur de publication du quotidien Al Jarida Al Oula  Ali Anouzla et le journaliste Jamal Boudouma à payer la somme de 60.000 de dirhams de dommages et intérêts au directeur de la publication d'Aujourd'hui Le Maroc Khalil Hachimi Idrissi. Les deux personnes, condamnées pour diffamation et injures par voie de presse, devront également s'acquitter d'une amende de 50.000 de dirhams chacun. Khalil Hachimi Idrissi avait porté plainte à la suite de la publication par Al Jarida Al Oula, d'un éditorial qu'il a jugé injurieux et diffamatoire à son encontre.

 

 


 

 

LEconomiste 24 12 2008

En dessous de zéro

Tout le monde en a fait l’expérience, dans les petites comme dans les grandes villes: les travaux des services publics ne sont pas coordonnés. Ici, on construira une maison de jeunes, mais il faudra des mois et des mois pour qu’on s’occupe d’y brancher l’eau; et en la branchant, on cassera un mur ou une porte qui ne seront jamais réparés. Là, une rue sera embellie d’un beau trottoir; six mois plus tard, ce même trottoir sera éventré pour faire passer un câble. Et nul ne réparera les dégâts.
C’est un énorme gaspillage de temps et d’argent. En outre, c’est une tache indélébile sur l’image des services publics locaux.
Mais ce n’est pas tout.
L’image d’incompétence est si bien installée dans l’esprit des usagers que les citoyens préfèrent encore ce gaspillage, à l’absence totale de travaux.
En effet, nous sommes tous à peu près convaincus que si l’on imposait aux services publics de coordonner leurs travaux, ils passeraient tout leur temps à s’attendre les uns les autres, et rien ne se ferait.
En clair, cela veut dire que nous situons nos services publics locaux en dessous du niveau zéro. On ne peut pas incriminer le droit: sur le papier tout y est, qui fait quoi et comment. Il n’y manque que la transparence. Or, on impose bien aux constructions privées d’afficher le nom de l’architecte, de l’entrepreneur et du propriétaire avec leur numéro d’autorisation.
Pourquoi dans les travaux publics n’afficherait-on pas le nom du président du conseil ayant ordonné les travaux, celui du directeur du service municipal donneur d’ordre et celui de l’entreprise qui exécute?
Gageons que ces beaux messieurs et belles dames n’apprécieraient pas de voir leur nom associé à un chantier bâclé! On peut même parier que le souci de leur réputation sera plus puissant que n’importe quel lien interlope qui pourrait les unir entre eux… au point d’en faire frémir la Cour des comptes.
Nadia Salah

Publié dans Actualité

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