Amnesty International dénonce l’Algérie

Publié le par Mohamed Zainabi (avec MAP)

 C’est un rapport accablant que celui que vient de publier Amnesty International sur les droits de l’Homme en Algérie. Tout y passe : répression, revers de l’amnistie…

Ce mercredi, Amnesty International (AI) a publié son rapport sur la situation des droits humains en Algérie. L’ONG internationale de défense des droits de l’Homme s’en prend aux autorités algériennes qui ont décrété l'état d'urgence après l'annulation des résultats des élections de décembre 1991 et l’ont prorogé pour une période indéterminée en 1993. Le tout, « en violation de la Constitution algérienne ». A ce propos, les auteurs du rapport d’AI déplorent le fait que l'état d'urgence demeure toujours en vigueur en Algérie et notent que les autorités ont incorporé les lois d'exception presque dans leur totalité dans le code pénal et le code de procédure criminelle de 1995, de manière permettant l'incrimination de l'exercice de certains droits civil et politique dans le cadre des poursuites pour terrorisme.

Sur un autre registre, AI souligne la communauté des défenseurs des droits humains dans ce pays a été affaiblie à cause des pressions exercées par les autorités algériennes.

Les critiques de l’ONG internationale ne s’arrêtent pas là. Amnesty International évoque la répression frappant des journalistes qui critiquent les politiques du gouvernement. Lesquels « sont poursuivis en justice pour diffamation et autres offenses criminelles ».

Revenant sur la concordance civile ayant donnant lieu à l'amnistie engagée par le gouvernement algérien en 2006, le rapport d’AI y voit « une immunité à des personnes ayant commis de graves violations ». Le même document précise que la charte nationale de réconciliation adoptée par voie de référendum, offre une amnistie générale aux forces de sécurité et aux milices armées par l'Etat, en dépit de leur responsabilité dans de graves violations des droits humains, dont les disparitions forcées, tout en incriminant les activistes des droits de l'homme, militant pour le droit à la vérité et à la justice des victimes de ces disparitions et de leurs familles. La charte prévoit des peines d'emprisonnement allant jusqu'à 5 ans pour ceux qui osent débattre en public la question des disparitions forcées, note Amnesty International, en faisant remarquer que les défenseurs des droits de l'homme en Algérie sont intimidés par le biais de menaces et d'expulsion de leurs postes d'emploi. Même les familles de ces activistes sont prises pour cibles, déplorent les auteurs du rapport. Ils soulignent également que l'annonce de l’amnistie en Algérie a été assortie de peines d'emprisonnement contre les personnes (victimes ou leurs proches, activistes des droits humains, journalistes ou autres) accusées de documenter, protester contre ou dénoncer le comportement des forces de sécurité durant le conflit algérien.

Par ailleurs, AI souligne la répression dont ont fait l'objet des activistes algériens ayant appelé les autorités de leur pays à faire la lumière sur le sort de plusieurs milliers de personnes disparues durant les années 1990 et à engager des poursuites judiciaires contre les responsables de ces disparitions.

En Algérie, rappelle AI, même les organisations des familles de personnes disparues ne sont pas reconnues. Les forces de sécurité, rappelle l’ONG internationale, sont intervenues à plusieurs occasions pour disperser avec forces des manifestations organisées par ces organisations. Autre exemple donné sur la répression qui sévit en Algérie : les autorités algériennes ont interdit la tenue en février 2007 à Alger d'une conférence organisée par des défenseurs internationaux des droits humains sur le thème «vérité, paix et réconciliation ».

Mohamed Zainabi (avec MAP)

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