Le changement climatique s'accélère et le monde "fonce vers l'abîme"

Publié le par Dr. Mohammed-Saïd KARROUK

Ban Ki-Moon

Le Secrétaire Général de l'ONU:

 

Le changement climatique s'accélère et le monde "fonce vers l'abîme"

 

 

Le changement climatique s'accélère et le monde "fonce vers l'abîme", a alerté jeudi le Secrétaire Général de l'ONU Ban Ki-Moon à une centaine de jours du Sommet de Copenhague qui doit décider de la stratégie mondiale contre les émissions de gaz à effet de serre.

"Nous avons le pied collé sur l'accélérateur et nous fonçons vers l'abîme", a lancé M. Ban devant la 3ème Conférence de l'ONU sur le climat, réunie à Genève depuis le début de la semaine.

 

Le monde "ne peut pas se permettre" un échec de la Conférence de Copenhague de décembre prochain, a averti le secrétaire général des Nations Unies. Le prix à payer serait lourd "pour la génération actuelle, pas seulement pour les générations futures", a-t-il mis en garde.

 

Le patron de l'ONU, qui revient de l'Arctique, a souligné que le réchauffement au pôle nord était plus rapide que celui prévu par les scientifiques. L'Arctique "pourrait être libre de glace vers 2030" en été, a-t-il prévenu.

 

Déplorant des discussions "trop lentes et trop timides" entre Etats, M. Ban a placé tous ses espoirs dans une rencontre internationale de haut niveau organisée par l'ONU à New York le 22 septembre pour ébaucher un plan de bataille contre le réchauffement climatique.

 

En réalité, "il ne nous reste que 15 jours de négociations avant Copenhague. Nous ne pouvons pas nous contenter de progrès limités. Nous avons besoin de progrès rapides", a-t-il dit.

 

"A New York, j'attends des discussions sincères et constructives. J'attends que des ponts soient lancés. J'attends des résultats importants", a lancé M. Ban devant les représentants et ministres d'environ 150 pays participants à la Conférence de Genève.

 

"La réponse est dans une croissance (économique) verte, une croissance soutenable", a insisté le patron de l'ONU.

 

"Nous avons besoin d'une politique qui mette un prix sur le carbone. D'une politique qui envoie un signal fort du marché aux entreprises pionnières pour un avenir à bas niveau de carbone", a-t-il préconisé.

 

"Nous avons besoin d'un programme d'investissement public pour l'énergie renouvelable. Nous avons besoin de transferts de technologie pour l'efficacité énergétique", a encore martelé M. Ban.

 

"Les scientifiques ont été accusés pendant des années d'être des alarmistes. Mais les vrais alarmistes ce sont ceux qui disent que l'on ne peut engager une action pour le climat car cela ralentirait la croissance économique", a déclaré M. Ban.

 

"Ils ont tort. Le changement climatique pourrait déclencher un désastre massif", a-t-il prévenu en s'inquiétant pour les dizaines de millions de personnes vivant dans des zones côtières menacées partout dans le monde par la hausse du niveau des mers provoquée par la fonte des glaces arctiques.

 

"Que vont-ils faire lorsque des tempêtes vont pousser la mer à l'intérieur des terres ? Où vont-ils aller ?", a-t-il lancé.

 

Sous l'égide de l'ONU, le sommet de Copenhague vise à trouver un accord international pour succéder au protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, largement considérées comme responsables du changement climatique.

 

"Le Giec estime que l'investissement pour atteindre nos objectifs en matière d'émissions (de gaz à effet de serre) ne représenterait que 2% du PIB mondial annuel d'ici à 2030", a rappelé le secrétaire général de l'ONU.

 

Un tel investissement signifierait "moins de pollution; une meilleure santé publique; une amélioration de la sécurité alimentaire; moins de risques d'émigrations massive et d'instabilité politique; davantage d'emplois dans l'économie verte", a-t-il fait valoir.

Source : Dr. Mohammed-Saïd KARROUK

Professeur de Climatologie



Le Maroc se trouve dans une zone des plus vulnérables au changement climatique
Aujourd'hui, il faut oublier les conditions des inondations vécues en 2008-2009, et se préparer dans notre région (la Méditerranée Occidentale) à une nouvelle phase de sécheresse.

La « Méthode Energétique », développée à l’Université Hassan II de Casablanca, nous permet depuis l’an 2000 de prédire les précipitations saisonnières au Maroc et dans l’espace Euro-Méditerrané en occidental, en vu d’une meilleure gestion afin d’épargner le pays des conséquences néfastes du manque ou de l’excès de l’eau, et ce grâce au savoir-faire et aux techniques disponibles.

Les études réalisées dans ce domaine permettent de prédire les précipitations au Maroc par la surveillance et le suivi de l’état de l’océan Pacifique et Atlantique. L’observation spatiale nous donne aujourd’hui ces renseignements océanographiques avec une précision jamais réalisée auparavant. Les événements océaniques précèdent l’état hygrométrique de l’atmosphère marocaine ; ce qui donne la possibilité aux décideurs politiques et aux acteurs socio-économiques de se préparer à l’avance à une gestion planifiée de l’année hydrologique.

L’exemple de l’événement humide 2008-2009, a été prévisible dès le mois de septembre-octobre 2007, à l’apparition des conditions de fraîcheur de « La Niña » au Pacifique, et de la circulation ondulée aux latitudes ouest méditerranéennes, et les prédictions faites depuis cette date se sont réalisées exactement selon le scénario présenté en octobre 2007.

Pour la phase « El Niño » à venir, celle qui s’est déclenchée depuis le mois de juin 2009, et s’il évolue dans les conditions classiques, nous prévoit une nouvelle période sèche qui pourrait être plus affinée au fur et à mesure qu’on s’approche de l’automne et de l’hiver. Le cumul de l’expérience marocaine dans la gestion de la rareté de l’eau est bien une réussite que nous connaissons. Il va falloir aujourd’hui remettre les pendules à l’heure et intégrer cette gestion dans l’évènement global que vit et subi la planète « Terre » : Le Changement Climatique Global.

LA NOUVELLE SECHERESSE AU MAROC (ET AILLEURS) EST DIFFERENTE DES SECHERESSES HISTORIQUES QUE NOUS AVONS CONNU, LA NOUVEAUTE SE MATERIALISE PAR CE QU'ON APPELLE LES "EXTRÊMES":

- EXCES THERMIQUE,
- NOUVELLE ORGANISATION DU CYCLE DE L'EAU,
- LES IMPACTS THERMOHYDRIQUES SUR LES ECOSYSTEMES: RESSOURCES EN EAU, L'ECOULEMENT SUPERFICIEL ET SOUTERRAIN, LES SOLS, LES FORÊTS, LES SYSTEMES MONTAGNEUX, 
- LES IMPACTS SUR LES SOCIOSYSTEMES: DISPONIBILITE DE L'EAU, AGRICULTURE, SECURITE ALIMENTAIRE, TOURISME, ENERGIE, ASSURANCES, MIGRATION, ECONOMIE, ...ETC.

Donc, la phase humide que nous avons vécue était exceptionnelle, et nous devons l'oublier pour un bon moment. Cependant, la situation normale (sèche) reprend sa place, et on doit se préparer pour la vivre avec le moins de dégâts possibles.



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Dr. Mohammed-Saïd KARROUK

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