le renvoi des sans-papiers de l'UE.

Publié le par AMDH RABAT

Les eurodéputés ont adopté mercredi à une confortable majorité la "directive retour", un projet de loi controversé destiné à faciliter le renvoi des sans-papiers de l'UE.
La veille, quelque 400 personnes, selon la police, ont manifesté mardi soir devant le Parlement européen contre la "directive de la honte".
Le chanteur Manu Chao, ainsi que plusieurs eurodéputés des Verts, des socialistes et de la Gauche unitaire européenne ont participé à la manifestation, brandissant des pancartes déclinant le mot "honte" dans les différentes langues de l'UE.
18 mois de rétention
Les points les plus contestés du projets sont la possibilité de prolonger jusqu'à 18 mois la durée de rétention des sans-papiers qui s'opposent à leur expulsion, l'interdiction de retour dans un délai de 5 ans après une expulsion et les dispositions relatives aux mineurs non accompagnés.
"Ces derniers peuvent être purement et simplement expulsés vers des pays où ils n'ont aucune attache familiale ni aucun tuteur légal", s'indigne en marge de la manifestation la députée verte Hélène Flautre, présidente de la sous-commission des droits de l'Homme au Parlement européen.
Le texte recèle un autre danger, celui de "donner la possibilité aux Etats membres de l'UE de refouler des sans-papiers en masse vers des pays de transit" à défaut de leur pays d'origine, précise-t-elle.
Une avancée pour certains pays
Les partisans du compromis arguent qu'un certain nombre de pays où la durée de rétention est actuellement supérieure à 18 mois seront obligés d'adoucir leur législation pour la conformer à la nouvelle loi européenne et que le texte apporte aussi de nombreuses garanties de recours aux immigrés en situation irrégulière.
Le texte garantit notamment aux ONG l'accès aux centres de rétention, la possibilité de recours effectif contre les décisions d'expulsion, et le droit du sans-papier à l'assistance juridique.
La France pas obligée de s'aligner
Actuellement, la durée de rétention est illimitée dans sept pays européens (Danemark, Estonie, Finlande, Lituanie, Pays-Bas, au Royaume-Uni).
Les pays aux dispositions plus favorables comme la France - la durée de rétention y est limitée à 32 jours- ne seront pas obligés de s'aligner sur ce texte, en recul par rapport à notre propre législation.
En Allemagne, elle est déjà fixée à 18 mois. Mais le texte ne changera rien aux législations en vigueur en Irlande, au Royaume-Uni, ainsi qu'au Danemark, ces trois Etats bénéficiant d'exemptions dans le domaine de la Justice et des Affaires intérieures.
Amérique latine
Chavez et Morales contre la "directive retour"
Par LEXPRESS.fr, mis à jour le 20/06/2008 à 11:11 - publié le 20/06/2008

La nouvelle loi européenne sur l'immigration provoque un véritable tollé en Amérique latine. Plusieurs chefs d'Etat menacent l'Union européenne de rétorsions économiques si cette loi est appliquée.

Le président vénézuélien Hugo Chavez a menacé jeudi de mettre fin aux livraisons de pétrole vers les pays européens, si ces derniers appliquent la "directive retour" aux étrangers en situation irrégulière.
Ce texte, adopté mercredi au Parlement européen, fixe à 18 mois la durée du placement en rétention des immigrés clandestins et prévoit à leur encontre une interdiction de séjour de cinq ans en Union européenne.

Le président vénézuélien Hugo Chavez.
"Nous ne pouvons pas rester les bras croisés", a affirmé Chavez lors d'une rencontre au Venezuela avec le président élu du Paraguay. "Pour chaque pays européen qui appliquera cette directive, nous allons... enfin, nous n'allons pas suspendre les relations, mais c'est bien simple, à tout le moins, nous cesserons de leur envoyer notre pétrole", a-t-il déclaré.
Morales et Correa, même combat
Outre Hugo Chavez, c'est toute l'Amérique latine qui s'est dressée contre cette nouvelle loi qui a fait naître un profond sentiment d'injustice dans ce sous-continent qui a reçu pendant des siècles des vagues d'immigrés venus d'Europe.
Le président équatorien Rafael Correa, l'un des nouveaux dirigeants incarnant le virage à gauche pris dans la région, a aussitôt prôné un front commun pour protester contre "la directive de la honte".
"Nous espérons donner une réponse commune avec les différents pays d'Amérique latine. Cette directive n'est pas la "directive retour" mais la "directive de la honte", a fustigé Correa, annonçant avoir pris des "contacts" au niveau régional face à cette "agression".

Le président bolivien Evo Morales.
Son allié bolivien, Evo Morales, a proposé jeudi à l'Afrique de se joindre à ce combat pour obtenir le retrait d'une loi qui "porte atteinte à la vie et aux droits des personnes". La semaine dernière, il avait déjà publié une tribune dans la presse (Libération, en France, et The Guardian, au Royaume-Uni) dans laquelle il "fait appel à la conscience des eurodéputés" contre la "directive de la honte".
"Nous allons mener une campagne internationale afin de retourner la situation. Que les députés européens qui ont approuvé cette "directive retour" se mettent la main sur le coeur", a déclaré Morales, premier dirigeant d'origine indigène dans le pays andin, le plus pauvre d'Amérique du sud.
L'UE interdite d'investissements sur le sol vénézuélien
Hugo Chavez a également menacé de mettre un terme aux investissements de ces pays au Venezuela et annoncé qu'il dresserait la liste de leurs intérêts dans son pays. "Nous sommes prêts à le faire dès maintenant", a-t-il assuré. "Au moins, ici, au Venezuela, ils ne nous manqueront pas."
Le président vénézuélien menace fréquemment de suspendre les exportations de pétrole, mais ces propos n'ont encore jamais été suivis d'effet. Les Etats-Unis, principal client du pétrole vénézuélien, sont la cible la plus fréquente de Chavez.
Ce dernier a entrepris depuis quelques années de diversifier les exportations de pétrole de son pays, et vend depuis davantage de pétrole vers l'Europe et la Chine.

Publié dans Actualité

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