Réchauffement climatique : Le PNUE rend son rapport
Le forum de Monaco vise à préparer au mieux les futures négociations mondiales sur le climat en abordant la question cardinale du financement des politiques climatiques. © Charly Gallo / Centre de presse PNUE Monaco
Réunis du 20 au 22 février à Monaco dans le cadre d'une session extraordinaire du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), une centaine de ministres de l'écologie réfléchissent au moyen de réussir la transition vers une économie pauvre en carbone. Ils peuvent s'appuyer sur le rapport annuel du PNUE qui leur a été remis hier, et qui, outre un constat alarmant sur les effets du réchauffement climatique, met en avant de nouvelles solutions pour réduire les émissions de CO2 et incite scientifiques, industriels et politiques à poursuivre les efforts déjà accomplis en faveur d'une économie plus verte
« Si les êtres humains peuvent se poser sur la lune, envoyer des sous-marins sous l'Arctique ou concevoir de minuscules nano-machines, il doit être possible pour l'intellect humain de gérer une transition vers une société à faible émission de carbone », veut croire Achim Steiner, directeur exécutif du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE).
Ce dispositif chargé de coordonner les activités de l'ONU en matière d'environnement réunit depuis hier, à Monaco, une centaine de ministres de l'écologie, dans le cadre de la dixième session extraordinaire du conseil d'administration du PNUE.
Consacré essentiellement à la réflexion sur le financement des politiques climatiques, ce « Forum ministériel mondial sur l'environnement », qui doit s'achever le 22 février, a été hier l'occasion pour le PNUE de rendre public son « rapport annuel 2008 », qui dresse l'état des lieux des impacts du changement climatique.
Une acidification croissante des océans
Si le PNUE s'inquiète de l'accélération de la fonte des glaces et de l'acidification croissante des océans, il reste néanmoins confiant dans la capacité des scientifiques, des industriels et des décideurs à réussir la transition vers une économie « verte ».
Celle-ci pourra s'appuyer, selon le PNUE, sur un certain nombre de technologies innovantes, comme par exemple les gigantesques collecteurs de CO2 mis au point par les scientifiques de l'université de Colombia.
Basés sur la technologie des filtres d'aquarium, ces derniers sont capables d'absorber le CO2 comme les arbres lors de la photosynthèse.
Autre innovation dont le rapport du PNUE fait la promotion, la technique de séquestration du dioxyde de carbone mise au point en Islande, qui consiste à injecter du CO2 dans des roches basaltiques pour transformer ce gaz en calcaire. Mais comme le note le rapport, le principal défi consistera à intégrer ces technologies dans l'économie mondiale au cours des prochaines décennies.
Car bien que des « centaines de milliards de dollars soient à présent placés dans les technologies propres et renouvelables », de nombreux obstacles restent à lever selon le PNUE. Comme « les subventions qui favorisent les combustibles fossiles » ou « les régimes tarifaires et commerciaux qui rendent les technologies propres plus chères ».
Essor de l'investissement socialement responsable
Si le rapport constate que des progrès ont été réalisés au cours des dernières années en matière d'investissement socialement responsable ou de réduction des émissions industrielles, il souligne qu'il reste beaucoup à faire.
Avant la reprise des négociations pour un accord climatique à même de se substituer au protocole de Kyoto en 2012, tout l'enjeu de ce forum de Monaco est de faire la démonstration aux représentants gouvernementaux que la transition vers une économie verte est possible et qu'elle peut être créatrice d'emplois et de richesse.
« Le défi pour les ministres rassemblés à Monaco est de créer un paysage d'investissement attirant, créatif et équitable, qui récompense ceux qui sont prêts à investir dès aujourd'hui dans l'économie de demain. C'est aussi le défi de la communauté internationale pendant les deux années à venir jusqu'à la réunion de Copenhague(1) », selon Achim Steiner.
21 février 2008, William Bolle
(1) C'est à Copenhague, en 2009, que seront jetées les bases de l'accord qui remplacera le protocole de Kyoto en 2012.
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Dr. Mohammed-Saïd KARROUK