Oxfam est déçu des conclusions du Sommet de Rome
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Oxfam est insatisfait des conclusions du Sommet sur la crise alimentaire de l’ONU, qui s’est terminé la semaine dernière à Rome. En effet, alors que le sommet recommande davantage de recherches sur l’impact des agrocarburants, Oxfam rappelle que la demande en agrocarburant continue de porter atteinte à des millions de gens dans le monde. Oxfam appelle donc l'UE et les États-Unis à abandonner leurs objectifs en la matière.
Selon de récentes études, rapportées par Oxfam, la demande en agrocarburants contribue à hauteur de 30% à la flambée des prix mondiaux. Grâce au Sommet de Rome, Oxfam croit qu’un premier pas a été établi, mais qu’un plan beaucoup plus ambitieux est essentiel pour faire face à la crise alimentaire mondiale.
«Admettre que l'on a un problème est un premier pas. Les dirigeants des pays riches ont reconnu l'importance de soutenir l'agriculture après 25 années de délaissement. Ils se sont engagés à immédiatement débloquer des fonds pour venir en aide à ceux qui en ont besoin. Mais une crise comme celle-ci, nourrie par tant de facteurs, nécessite la mise en œuvre d'un plan ambitieux. Les pays riches ne peuvent continuer à fermer les yeux face à leurs propres politiques commerciales et agricoles», a déclaré dans un communiqué Jeremy Hobbs, directeur d'Oxfam Internationale.
Le groupe de travail des Nations Unies, mis en place pour résoudre la crise, a écouté les représentants des 400 millions de petits agriculteurs des pays en développement. Ces paysans nourrissent leurs concitoyens et jouent un rôle important dans le développement économique de leurs pays.
Plusieurs insatisfactions
À la lumière de ces témoignages, le communiqué final du Sommet suggère que la conclusion d'un accord à l'OMC permettra de résoudre la crise. Mais Oxfam s'insurge contre cette affirmation. Selon l’organisation, les propositions actuellement sur la table à l'OMC ne permettent pas aux pays en développement de bénéficier de flexibilité pour ainsi être en mesure de faire face à la volatilité des marchés et aux fluctuations des prix.
«Conclure un accord commercial dans son état actuel sera néfaste pour les petits agriculteurs et les consommateurs. Les règles commerciales doivent protéger les pauvres, que les prix soient faibles ou élevés. Les pays en développement doivent avoir la capacité de nourrir leur population et de soutenir les paysans les plus démunis et marginalisés afin qu'ils bénéficient des prix actuellement à la hausse. La crise que nous vivons illustre avec force que le statu quo n'est plus une option. Une réforme profonde du système commercial s'impose», a indiqué M. Hobbs.
De plus, les 6 G$ promis cette semaine est insuffisant pour venir en aide, d’ici la fin de l’année, aux 290 millions de personnes menacées par la flambée des prix. En effet, c’est moins de la moitié des 14,5 G$ qu'Oxfam estime nécessaire. Oxfam ajoute également que certains points restent flous. «Ces 6 G$ sont-ils des fonds additionnels? Seront-ils ôtés d'autres engagements existants? Et quel est le calendrier prévu pour leur déboursement?» , se demande l’organisation.
«C'est désormais aux pays du G8 et à leurs ministres des finances de reprendre le témoin et d'assumer leurs responsabilité s. Réunis la semaine prochaine au Japon, ces pays – les plus puissants au monde – doivent fournir davantage de fonds pour faire face à l'impact immédiat de la crise. Mais ils doivent aussi s'attaquer à certaines causes plus profondes, en abandonnant notamment leurs objectifs en matière d'agrocarburants et en accordant plus d'aide à long terme en faveur de l'agriculture» , a conclu M. Hobbs.