Huit mineurs expulsés mardi de Melilla
Quand l’Espagne trahit ses propres lois: Huit mineurs expulsés mardi de Melilla
(Libération (Ma) 18/09/2008)
Les autorités espagnoles ont procédé, mardi au préside occupé de Melilla, à l'expulsion illégale de huit enfants mineurs non accompagnés. Ils ont été remis aux autorités marocaines au poste frontalier fictif de Bni Nsar, en l'absence de leurs parents ou tuteurs, comme le stipulent les lois espagnoles en vigueur.
De telles opérations sont fréquentes; mais l’inadmissible est que ces mêmes mineurs se retrouvent, dès le lendemain, dans les rues de Bni Nsar et Nador, à la recherche d'une autre occasion pour passer de l'autre côté des barbelés.
Selon des sources de l'Association du Rif pour les droits humains (ARDH), l'arrestation de ces mineurs survient suite à leur tentative de s'infiltrer à l'intérieur d'un bateau reliant Melilla au sud d'Espagne.
Quatre parmi ces enfants étaient domiciliés au Centre de mineurs non accompagnés à Melilla. L'ARDH avait dénoncé, à maintes reprises, la situation qui prévaut dans ce Centre, notamment les agressions verbales, physiques voire à caractère sexuel.
Il y a pratiquement une année de cela, l'Association avait rendu public un rapport sur ce phénomène de mineurs non accompagnés dans cette ville occupée, à travers lequel elle a appelé les responsables espagnols à mener une enquête sur ce Centre et faire connaître les raisons qui ont entraîné ce genre d'immigration.
La loi espagnole relative aux étrangers stipule qu'en cas d'existence de mineurs non accompagnés, la police administrative est obligée d'enquêter sur le concerné et sa famille ou ses tuteurs au Maroc, en coordination avec les autorités marocaines.
Si l'enquête n'arrive pas à identifier les membres de sa famille ou qu'elle découvre que cet enfant est maltraité ou subit des sévices dans son cadre familial, la loi prévoit de garder le mineur sous la protection du gouvernement local jusqu'à l'âge de 18 ans.
Avant la fin de la période des neuf mois consacrés à l'enquête, le mineur a droit à un document attestant de sa résidence sur le sol espagnol, lequel document permet à tout enfant âgé de moins de 16 ans de s'inscrire dans une école et à ceux âgés de plus de 16 ans au sein d'un Centre de formation professionnelle.
Il y a lieu aussi de souligner que tous les enfants âgés de moins de 16 ans et justifiant plus de deux ans de résidence dans un Centre d'accueil de mineurs sont en droit de présenter oralement une demande de jouir de la nationalité espagnole.
Selon l'Association espagnole de défense des droits de l'enfant à Melilla, le gouvernement espagnol ne respecte aucune de ces lois, restées jusqu’ à présent lettre morte.
Plusieurs droits sont transcrits dans le seul objectif de répondre aux exigences européennes et non de les mettre en exécution, de surcroît en faveur des enfants marocains!