Le capital continue de détenir 60% de la richesse produite au Maroc

Publié le par mohamed hakech

 Depuis longtemps, la valeur ajoutée au Maroc est partagée pour un tiers pour la rémunération du travail et pour deux tiers pour la rémunération du capital.
Pourtant, l’économie marocaine n’a pas atteint un degré de sophistication technologique à même d’exercer un effet d’éviction sur la main-d’œuvre
.

 

A la faveur de la crise financière internationale, qui commence à toucher l’économie réelle dans nombre de pays, des interrogations fusent ici et là sur la responsabilité des uns et des autres dans ce que d’aucuns n’hésitent plus à désigner sous l’infamante appellation de «folie du marché».
Bien plus que cela, des analystes, des économistes sont en train de revisiter des notions, que l’on croyait définitivement rangées dans les placards de l’histoire, comme l’éthique, le partage, la solidarité...
Une des notions autour desquelles s’articulent les débats sur la crise, c’est justement le partage de la valeur ajoutée, c’est-à-dire le partage de la richesse créée. Une récente étude de la Commission européenne a montré que la part des salaires dans la valeur ajoutée ces vingt dernières années a chuté de 12%.
En France où, jusqu’au début des années 80, la rémunération des salariés représentait jusqu’à 70% de la valeur ajoutée, celle-ci a, depuis, perdu 10 %. Cette baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée, il faut le souligner, correspond à la période où fut décidée la suppression de l’indexation des salaires sur l’inflation.
Qu’en est-il du Maroc ? En examinant les comptes nationaux (base 1998) établis par le Haut Commissariat au Plan (HCP), une chose frappe d’emblée : la structure de la valeur ajoutée au Maroc est l’exact contraire de ce que l’on peut observer dans les pays européens par exemple.
Alors que, globalement, les salaires, bien qu’en baisse (proportionnellemen t), représentent encore près de 60% de la valeur ajoutée en Europe, au Maroc la part de la rémunération des salariés oscille entre 34% et 37% de la valeur ajoutée depuis 1998.
A contrario, la part du capital est aux alentours de 30% en France - et en Europe - contre plus de 60% au Maroc. L’autre composante de la valeur ajoutée étant constituée des impôts sur la production (taxes professionnelles, patentes...) , dont la part oscille entre 1 % et 1,5 % depuis dix ans
.

Publicité

Publié dans Actualité

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article