L’œil ouvert
L’œil ouvert
sur le visage hideux
de nos assassins
Nous voilà
ni soumis
ni résignés
Notre terre
nous tient au chaud
absorbe notre sang
arc-en-ciel
toutes générations confondues
de l’embryon en gestation
à l’aïeul parti
ou en partance
Et nous sommes tous « Un »
ou plutôt « Une »
car nous mettrons bientôt au monde
car nous donnerons vie
de nos entrailles
à la terre que nous chérissons
en y versant notre sang
sang blanc de tout crime
notre sang immaculé
Moi, l’embryon en gestation
dans la paix utérine de ma mère
thorax déjà troué
avant terme !
Et vous croyez
assassins simplets d’esprit
croyez-vous m’éradiquer de mon bonheur d’Existant ?
Je vous le dis
en vérité
de votre enfer
je n’en ai cure
J’ai goûté à tous les bonheurs
du café matinal
au beignet chaud et croquant
du pain au blé dur au goût de la terre
du plat frugal à tous les arômes
du thym au rameau de l’olivier qui regarde qui vous regarde
qui témoigne
qui parle
Et je reviendrai en messie
vous sortir de l’arrogance
de l’erreur monumentale
de la jouissance du crime et de l’assassinat béat
Mais entre temps
dépeuplez
déchiquetez
broyez
vos frères humains
Et si cela ne vous suffit pas
retourner le fer contre vous-mêmes
et nous reviendrons
au giron de notre terre
(à suivre…)
Mohammed Belmaïzi