Enfant qui vient du desert

Publié le par M'HAMMED BAHAOUBIRA

Nidal à l'honneur de vous présenter un extrais du livre en series
Le titre du livre est: 

L'ENFANT QUI VIENT DU DESERT

 

Auteur: M'HAMMED BAHAOUBIRA

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H

mmidi, petit garçon d’une dizaine d’années, est en train de jouer avec son chaton dans l’unique pièce  de la maison mise à leur disposition dans la caserne des mokhaznis de Goulmima. Toute sa famille, constituée de son père, sa mère et lui, s’y retrouve réunie aux moments des repas et la nuit. Il est presque fils unique. Sa sœur est tellement plus âgée que lui qu’il ne se souvient même pas de son mariage. Elle  vit avec son mari dans une autre région et il la voit rarement.

    Il adore son petit chat et passe beaucoup de temps à jouer avec lui. Ce qui l’amuse  le plus et l’intrigue en même temps, c’est lorsqu’il le prend par les quatre pattes, le dos vers le sol puis le lâche. Le chaton se reçoit toujours sur ses pattes. L’agilité de l’animal l’émerveille et le subjugue à la fois. Un jour il demande à son père : «  Papa, pourquoi ne sommes nous pas aussi agiles que les chats ? ».

 -         C’est parce que nous ne sommes pas des chats ! Lui répond-il tout simplement.

 -         Je voudrais être comme eux, aussi rapide et surtout aussi agile qu’eux.

 -         C’est facile ! Il te suffirait de ne pas t’habiller, de te couvrir de poils au lieu de vêtements, et surtout de manger ce qu’ils mangent, rétorque ironiquement son père.

 -         Oh non ! S’écrie le gamin en faisant une moue de dégoût.

 -         Alors tu ne seras jamais comme un chat, du moins physiquement.

      La réponse de son père le déçoit terriblement. Il voudrait pouvoir, un jour, être aussi agile et aussi leste qu’un chat. Et pourquoi son père a-t-il ajouté : «  Du moins physiquement ? Qu’a-t-il voulu dire ? » Se demande-t-il. Il n’ose pas le lui demander de peur qu’il se lance dans des explications savantes, trop compliquées qui dépasseraient de loin la capacité de compréhension de gamin de son âge. D’ailleurs, comprend-il tout ce que disent les grands ? Et il chasse la question de son esprit pour le moment tout en étant certain qu’elle le hantera aussi longtemps qu’il ne lui trouvera pas une explication plausible. Donc, il la relègue aux instances de sa mémoire.

      Même à l’école il pense à son chat. Il en parle et pose la même question à son camarade de classe Haddou. Ils partagent la même table et ne se quittent presque jamais, même pendant les récréations. «  Les oiseaux aussi volent et nous pas » lui  fait remarquer son camarade.

 -         Oui mais les oiseaux ont des ailes et nous n’en avons pas

 -         C’est vrai, mais pourquoi penses-tu à tout cela ? Tu te poses trop de questions saugrenues. Que vas-tu chercher là ? Demain tu me diras pourquoi le soleil se lève-t-il et pourquoi se couche-t-il ? Ou bien pourquoi pleut-il ? Ou alors,

 Pourquoi il fait jour puis il fait nuit ? Tu finiras par devenir fou toi. Dis-toi une bonne fois pour toutes que le Bon Dieu a voulu  qu’il en soit ainsi et c’est ainsi, c’est tout. Et puis, à quoi cela te servirait-il de savoir  ou d’ignorer ce genre de choses ? Allez viens jouer et oublie toutes ces balivernes !

 « Des balivernes ! Peut être ! Mais je veux quand même comprendre. Quel mal y a-t-il à cela ? » Se dit-il. Il est plutôt étonné par le manque presque total de curiosité de son camarade. Il se demande pourquoi celui-ci ne se pose-t-il pas de questions pour savoir, pour comprendre ? Est-ce que rien ne l’intrigue, n’attire son attention ? Comprend-il tout ce qui se passe autour de lui ?  N’éprouve-t-il pas le besoin de savoir le pourquoi et le comment des choses ? Si c’est le cas, Hmmidi trouve que Haddou a beaucoup de chance. Il ne réfléchit que lorsqu’il est obligé de faire un devoir, résoudre un problème d’arithmétique, il ne réfléchit que pour essayer d’obtenir une bonne note, un bon point ou pour éviter une punition, et il fait abstraction de tout le reste pour économiser son temps et son énergie pour autre chose de plus amusant. Logiquement, il a raison. Pourquoi essayer de comprendre ce genre de choses ? Mais Hmmidi est ainsi. Il n’y peut rien, c’est sa nature, il a besoin de savoir. Ceci découle, peut être, du fait que sa vie avait débuté tardivement dans ‘’ la civilisation’’ et qu’il lui a fallu assimiler tout, rapidement, pour se mettre à niveau. C’est en quelque sorte une rémanence du besoin profond de savoir et de comprendre ce qui se passait autour de lui dans le milieu dans lequel il fut brutalement projeté tout au début de son enfance.

 à suivre ...

M'HAMMED BAHAOUBIRA

Partie II

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié dans Actualité

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E
L"histoire commence bien,un garçon très curieux,une soif de connaissance...A suivre,que va t il se passer.Merci pour ce mistère!
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