Corruption : l’eldorado marocain

Publié le par Mohamed Jaâbouk

La corruption au Maroc a encore de beaux jours devant elle. Selon le nouveau classement de l’ONG Transparency International, rendu public mardi, notre pays occupe le 80e rang avec note de 3,5 sur l’indice de perception de la corruption de TI, soit une chute de huit places par rapport à 2007.

En 2006, le Maroc était classé 79e. Un retour logique à la case départ tant les affaires de détournements des deniers publics et des biens immobiliers sont légion.

Les nombreuses affaires de lots de terrains cédés à des proches du pouvoir pour de modiques sommes d’argent et dans certains cas pour un dirham symbolique ont sérieusement écorné l’image du royaume, alors que les prix de l’immobilier pour le commun des mortels ne cessent de s’embraser.

Par ailleurs, cette année a été marquée par des drames humains à cause justement de l’omniprésence de la corruption dans l’administration marocaine. A Kénitra, un immeuble s’effondre et fait une dizaine de victimes et à Casablanca, l’incendie de l’usine Rosamor a causé la mort de plus d’une soixantaine de personnes.

La perte de vies humaines dans les deux affaires aurait pu être évitée si la devise des responsables n’était autre chose que la corruption. 

Le Maroc peine à se défaire des fanges de la zone rouge. L’installation cette année de la toute nouvelle Instance de prévention contre la corruption, un organisme étatique, et la publication dans le Bulletin officiel de la ratification, depuis 2003, du royaume de la convention de l’ONU de lutte contre la corruption n’ont manifestement eu aucune incidence sur le classement du Maroc dans le rapport de l’ONG Transparency International.

Commentant à l’AFP le rapport de Transparency International sur la corruption au Maroc, la ministre du Développement social, Nezha Skalli (PPS, ex-communiste), a minimisé son impact estimant "qu'il ne s'agit pas d'un classement établi sur une analyse objective de la corruption, mais d'une simple étude sur la perception de la corruption". Encore un exemple de fuite en avant du gouvernement.

Le classement du Maroc a été élaboré après six enquêtes menées par les experts de l’ONG Transparency International.  

Mohamed Jaâbouk

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