Danger pour la santé et la fertilité des hommes

Publié le par Abbès Tanji

Al Bayane 28 11 2008

Le Maroc utilise plus de 350 variétés de pesticides : Danger pour la santé et la fertilité des hommes

La fertilité masculine est en chute libre, selon des études médicales récentes. Les hommes produisent 50% de spermatozoïdes de moins qu’il y a 50 ans. Chute de la qualité du sperme, doublement des incidences des cancers des testicules, malformations génitales, augmentation des allergies. En cause, de nombreux produits chimiques, véritables perturbateurs endocriniens. A leur tête se trouvent les pesticides.
Le Maroc importe annuellement plus de 12.000 tonnes de pesticides à usage agricole pour les utiliser sur les différentes cultures. Etant très sensibles aux adventices, aux ravageurs et aux maladies, les fruits et les légumes sont parfois abusivement et anarchiquement traités, ce qui met en danger aussi bien les mauvais manipulateurs de pesticides que les consommateurs de produits récoltés avant le délai recommandé.
Pour protéger son agriculture, le Maroc importe différents pesticides : insecticides, acaricides, fongicides, herbicides, raticides, molluscides, hormones et adjuvants. Contrairement aux produits pharmaceutiques, les pesticides se trouvent presque partout : chez les revendeurs de pesticides et de matériels agricoles, chez les drogueries, dans les souks et parfois même chez les épiciers. C’est vraiment scandaleux de trouver des sachets de raticides ou des bidons d’insecticides rangés près des produits alimentaires. Pourtant, le règlement impose que les produits phytopharmaceutique s soient commercialisé s par des revendeurs qualifiés ayant une formation d’ingénieurs ou des techniciens agricoles.

Protéger les ouvriers agricoles…

Dans les exploitations agricoles, de nombreux agriculteurs et ouvriers agricoles ne mettent aucun vêtement de protection pendant les traitements des pesticides. Combinaisons, bottes, gants, chapeaux et lunettes sont indispensables pendant la manipulation et l’application de ces produits. Apparemment, personne ne semble accorder de l’importance à ces accessoires qui permettent d’éviter la pénétration des pesticides dans les yeux ou à travers la peau. Ni les grands fermiers, ni les paysans, ni les ouvriers agricoles ne sont conscients des dangers dus à une mauvaise manipulation des pesticides.
Il faut noter que les ouvriers qui pulvérisent anarchiquement les pesticides sur les plantes cultivées sont les premiers exposés aux dangers. Donc, toute erreur de dosage ou d’application aboutit automatiquement à des effets néfastes sur l’environnement : effet sur la santé de l’utilisateur, sur les plantes cultivées, sur le sol, sur la nappe phréatique, sur les insectes utiles comme les abeilles et les coccinelles.

…et les consommateurs

Agrumes, bananiers, fraises, tomates, pomme de terre, carottes, menthe et autres cultures sont sensibles aux attaques des maladies et des ravageurs. Pour protéger ces cultures et avoir des rendements élevés et de qualité, le recours raisonné et raisonnable aux pesticides est indiscutable. Seulement, il faut choisir le pesticide convenable et l’appliquer à la dose et au stade recommandés.
Il faut savoir que chaque pesticide a «un délai avant la récolte» ou DAR. Ce délai varie en général de 3 à 50 jours. C’est le nombre de jours devant séparer réglementairement le dernier traitement et le début de la récolte.
Cette durée suffit pour la dégradation presque totale du pesticide utilisé dans la culture traitée. Au Maroc, ce délai est bien respecté par les exportateurs de fruits et légumes, car les cultures font l’objet d’un contrôle systématique (par des agents de contrôle marocains et étrangers) depuis le semis jusqu’à la récolte et l’exportation.
Concernant les fruits et légumes produits pour le marché local, le contrôle n’existe pas, et le fameux «délai avant la récolte» n’est pas respecté. Dans ces conditions, les récoltes risquent d’avoir lieu avant la dégradation totale des pesticides, et les résidus de pesticides restent accumulés dans les fruits et légumes. Le risque pour la santé des consommateurs est donc réel. Voilà d’autres défis pour le Plan Maroc Vert.
Abbès Tanji

 

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